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ARVN : Armée de la République du Vietnam

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ARVN : Armée de la République du Vietnam

Message par Administrateur le Mar 28 Mai - 7:50

INTRODUCTION

La guerre du Vietnam présente une problématique relativement proche de la Corée - à savoir la formation d’une armée complète, moyens
logistiques et état-major compris – même si les conditions de l’entrée en formation des Vietnamiens divergent radicalement. En effet,
contrairement à la Corée du Sud, le Sud-Vietnam dispose d’une armée formée avant l’arrivée des États-Unis dans la péninsule indochinoise.

Le Vietnam constitue ainsi « le plus grand et le plus long problème de conseil militaire de l’histoire américaine »de conseil militaire de l’histoire américaine »
. La formation des troupes vietnamiennes par les militaires américains a commencé dès 1950 sous l’autorité du CEFEO pour suppléer les troupes françaises. À partir de 1955,
un organisme dédié est créé : le MAAG-V (Military Advisory Assistance Group-Vietnam) qui constitue dès cet instant le cœur de la formation de
l’Armée nationale vietnamienne. Le but de la formation de l’ARVN (Armée de la République du Vietnam) reprend celui de l’armée sud-coréenne,à savoir créer une force militaire autonome disposant de la totalité des capacités d’une armée souveraine jusqu’à l’échelon du corps d’armée.


Une des principales différences entre les expériences sudcoréenne et vietnamienne, tant au niveau de la formation elle-même que des buts de guerre provient du statut de l’armée entrainée. En effet,l’ARVN se trouve, dès ses débuts, totalement autonome et n’est pas
officiellement subordonnée aux forces américaines, même après l’intervention des États-Unis dans le conflit vietnamien. Il en résulte une
différence profonde dans les buts de formation puisque l’autonomisation de l’armée sud-coréenne, même si elle était désirée dès sa création, ne s’est imposée que progressivement alors que celle de l’ARVN est consubstantielle à sa propre existence.


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La différence dans les formes de conflit, le Vietnam présentant un profil bien plus asymétrique que la Corée, n’a cependant pas entrainé de
changement majeur dans les buts de formation. L’effort des États-Unis, poussés par la doctrine du containment, y a par contre été bien plus
important. L’ANV (Armée nationale vietnamienne) qui comptait au moment du retrait français environ 150 000 hommes, change de
dimension une fois devenue l’ARVN à la création de la République du SudVietnam.


La création d’une force autonome apte à lutter contre l’insurrection intérieure puis contre l’agression extérieure du NordVietnam constitue le but ultime des États-Unis qui se sont progressivement laissés entrainer dans un conflit au sein duquel ils n’avaient pas a priori
prévu d’intervenir. L’ARVN est ainsi prévue comme le programme de formation le plus complet puisqu’en 1960 elle doit comprendre 7 divisions d’infanterie, une brigade parachutiste, un groupe de Marines, 4 bataillons blindés indépendants, une marine côtière ainsi qu’une forcée aérienne de 5 escadrons. La transmission de différents savoirs relativement techniques tant au niveau des capacités de combat que du commandement et de l’organisation révèle l’ambition du programme de formation de l’ARVN.
Loin de la force supplétive qu’était l’ANV de l’Indochine française, l’ARVN se présente comme une armée complète et autonome dont la formation s’étala sur près de 20 ans.


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Mise en œuvre:

la mise en œuvre de la formation commence avant l’indépendance du nouvel État sud-vietnamien en 1954. Les forces américaines étaient toutefois présentes dans le pays bien avant cette date puisque l’armée française s’appuyait financièrement et militairement sur l’aide américaine dans une guerre qui, bien que coloniale, concernait aussi l’endiguement du communisme en Asie du Sud-est.
Néanmoins les efforts de formation par les États-Unis de l’Armée nationale vietnamienne commencent pendant la guerre d’Indochine.
Alertés par la progression fulgurante du communisme en Asie que révéla la guerre de Corée, les États-Unis se lancent dès 1950 dans un programme de soutien à l’Indochine. En septembre 1950, le MAAG-I (Military Assistance and Advisory Group - Indochina)est déployé en Indochine pour soutenir les Français dans leur intention de former des unités autochtones puis une armée nationale vietnamienne.

En 1953, la mission d’évaluation du lieutenant-général John O’Daniel pose les fondements des besoins de la nouvelle armée vietnamienne, formée en partie par les Français. Il est ainsi convaincu que le Vietnam peut être le point d’endiguement de la progression du communisme en Asie. Avant la défaite de Dien Bien Phu, il recommande d’ailleurs une augmentation de l’aide militaire américaine à l’armée française.

À l’indépendance du nouvel État, les États-Unis choisissent de poursuivre la mission de formation de la nouvelle armée et la directive du
NSC n° 5429/1 transforme le MAAG-I en MAAG-V (Military Advisory and Assistance Group - Vietnam). Le lieutenant-général Samuel T. Williams,ancien de la guerre de Corée, fut le premier commandant du MAAG-V de 1955 à 1960.

La mission de formation au Vietnam comprenait en réalité deux aspects : Combat Training au niveau du régiment pour l’utilisation des
matériels et la tactique et Operations aux niveaux supérieurs jusqu’au niveau politico-militaire des provinces.

Les conseillers-formateurs du MAAG-V sont ainsi assignés aux unités vietnamiennes jusqu’au niveau du régiment dans l’infanterie et jusqu’au niveau du bataillon dans les unités de soutien - principalement artillerie, blindés et Marines - comme cela avait été le cas en Corée.
Toutefois à partir de 1961 ils peuvent intervenir jusqu’au niveau du bataillon pour l’infanterie et de la compagnie pour les unités de soutien.


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À partir de 1961 et de l’augmentation de l’aide militaire voulue par J. F. Kennedy, des équipes de conseillers sont également déployées au
niveau des provinces du Vietnam, à un niveau plus stratégique et politique.

En parallèle de la formation des unités vietnamiennes sur le terrain, 3000 officiers vietnamiens sont envoyés suivre une formation
d’officier dans les bases américaines des Philippines, du Japon et des ÉtatsUnis. À partir de 1961, un système d’écoles de formation est mis en place .
au Vietnam. Il comprend trois écoles : Quang Trung, Dalat et Duc. Le centre d’entrainement initial de Quang Trung est capable d’accueillir 9000 recrues à la fois, il se focalise sur les aspects basiques de la formation militaire dans un cycle de 16 semaines. L’académie militaire de Dalat est quant à elle chargée de la formation militaire initiale des officiers de l’armée vietnamienne selon un cursus pouvant accueillir 800 élèves officiers.
L’école de Duc centralise la formation de spécialisation (blindés, infanterie, logistique, transmissions, artillerie, administration et génie) et pouvait accueillir 1700 élèves par branche simultanément.

En 1961, les équipes de formation à l’échelon d’une division comprennent 1 colonel au niveau de l’état-major divisionnaire, 1 major et
2 sous-officiers pour chacun des trois régiments d’infanterie de la division et 1 major et 3 sous-officiers pour le régiment d’artillerie. Toutefois, la problématique de l’écart des grades et de l’expérience entre formateur et formé prend bien plus d’ampleur que pour le cas coréen puisque les officiers supérieurs de l’armée sud-vietnamienne disposaient souvent de plus de 10 ans d’expérience acquis en combattant le vietminh et, parfois,les Japonais.

Le 8 février 1962, le MAAG-V est restructuré et prend le nom de MACV (Military Assistance Command Vietnam), reflétant sa prise
d’importance puisque le nombre de conseillers-formateurs prévu doit dépasser les 15 000 avant 1963. Les équipes de conseillers de provinces sont généralisées en 1964 et vont servir au déploiement des équipes CORDS (Civil Operations and Revolutionary Development Support) dans le cadre du projet Phoenix visant à créer un projet comparable à celui du GCMA

. Les équipes CORDS ont pour particularité, à la différence du GCMA, d’être composées de civils et de militaires avec une attention
particulière portée aux questions politiques et sociales. Cette initiative, se déroulant en parallèle de la formation de l’ARVN, vise au développement d’un « esprit national » tant au sein de la société civile que de l’institution militaire, seul à même selon les responsables américains de répondre à une problématique déjà globalement considérée comme relevant de la contre-insurrection. Toutefois, la formation de l’armée sud-vietnamienne répond quant à elle toujours aux mêmes codes que celle de l’armée coréenne dix ans plus tôt alors qu’elle se trouve totalement inadaptée à la situation. Cette dichotomie entre l’appréhension globale - juste - du conflit et celle - erronée - de la formation militaire sera longtemps reprochée aux États-Unis après le conflit.

De même, en 1964 les équipes de conseillers sont renforcées, portées à 5 hommes par exemple pour chaque bataillon. Toutefois, comme
en Corée, le MACV souffre d’un manque chronique de personnel et un jeune lieutenant se trouve souvent à former un chef de bataillon bien plus expérimenté que lui. Entre 1965 et 1969 le nombre d’hommes dans chaque équipe est fixé à 5 pour le bataillon, 3 pour le régiment, 52 pour la division et 143 pour le corps d’armée. Toutefois, ces effectifs ne sont que théoriques et bien souvent l’équipe ne compte en réalité que 50% de l’effectif.


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L’année 1965 représente un tournant dans l’expérience de la formation de l’ARVN avec l’entrée en guerre directe des États-Unis. Avant
cette date, les instructeurs accompagnent leurs unités sur le terrain


.Leur rôle sur le terrain est ainsi de conseiller et de coordonner l’appui des troupes de l’ARVN (appui artillerie, appui aérien, évacuation médicale par hélicoptères). Entre 1965 et 1968, alors que l’US Army s’occupe de la majorité des tâches de combat, les troupes de l’ARVN s’occupent surtout de missions de pacification où les conseillers-formateurs s’occupent principalement du lien US Army - ARVN.

La généralisation des Mobile Training Teams (MTT) des forces spéciales américaines en 1967 permet l’entrainement des bataillons de
Vietnamiens pour les opérations de pacification auxquelles ces derniers sont affectés à partir de 1965. En date du 30 septembre 1967, 132
bataillons de l’ARVN sur 144 ont été entrainés par les MTT comblant ainsi la carence apparue dans leur formation, cette dernière ayant été menée par des officiers américains selon les canons de la guerre conventionnelle.

En 1969 les équipes de formation divisionnaire du MACV sont converties en Combat Assistance Teams (CAT) dont le rôle est moins axé
sur la formation et plus sur le conseil et surtout sur la coordination de l’appui au combat (appui aérien, artillerie).
Le retrait américain étant progressif mais rapide, il ne reste en 1971 qu’une seule équipe de conseillers-formateurs de niveau bataillon et
le retrait des équipes de niveau régiment est achevé à la fin de 1971.



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Statut des formateurs:

le Vietnam a vu le développement d’un véritable effort de formation des formateurs, même si celui-ci a été tardif.
À partir de 1959, suivant le retour d’expérience du KMAG, un cours spécial est créé pour les nouveaux formateurs. Ce dernier s’axe sur
l’environnement vietnamien : informations sur le pays, la population, les coutumes… Toutefois dès 1962 une préparation plus aboutie est
demandée par le MACV. Une nouvelle formation est ainsi créée à Fort Bragg : le Military Assistance Training Advisory Course (MATA). Cette formation, destinée aux officiers et sous-officiers, est initialement prévue
pour une durée de 4 semaines, et est rapidement étendue à 6 semaines.

Le MATA comprend un cours sur le pays et la culture vietnamienne comme précédemment, mais aussi une sensibilisation aux
problématiques de contre-insurrection, une formation sur l’emploi des transmissions, et des cours de vietnamien
(46 heures sur les 217 de la formation). Suivant l’avancement du conflit, le temps consacré à la formation linguistique sera porté à 50% de la formation.

Les cours de vietnamien sont donnés en petites classes de 8 à 12 hommes à raison de 4 heures par jour avec des cassettes à écouter lors du temps libre. Outre cette formation linguistique, il existe la possibilité pour les équipes de conseil de provinces et de districts de suivre une formation avancée au Defense Language Institute. Toutefois ce travail d’apprentissage linguistique ne se double pas d’un apprentissage culturel qui laisse les formateurs américains livrés à eux-mêmes face à la complexité ethnique du Vietnam. Ainsi, contrairement à la Corée, les codes culturels et les relations entre les différentes ethnies (Viets, Thaïs, Muongs,Hmongs, …) ou les sectes bouddhistes (Cao Dai et Hoa Hoa), représentant pourtant une problématique majeure du Vietnam, sont restés largement hors de portée des instructeurs américains.

Le transfert de connaissances s’opère surtout grâce à de nombreux anciens formateurs devenus à leur retour instructeurs au MATA.
Cette transmission directe d’expérience avec les futurs conseillers militaires se fait toutefois sans que l’institution n’évolue dans son
programme de formation.

Les Marines ont également mis en place une formation culturelle puisqu’à partir de 1970, les formateurs du corps doivent suivre une
formation de 3 mois à Quantico dont 50% du temps est consacré à la langue et à la culture vietnamienne. En réalité chaque armée met en place ses propres formations et à côté du MATA, de l’US Army ou de la formation des Marines à Quantico, l’US Navy par exemple ne met en place aucune formation spécifique pour ses formateurs. Il n’existe ainsi pas de cours de formation unifiée dans la durée ou le programme.



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En octobre 1967, le Field Manual 31-73 a été rédigé spécialement pour les besoins des formateurs de l’armée vietnamienne. Document
intégré dans la doctrine de l’US Army, au même titre que les autres FM, il est le premier à traiter des questions de formation. Toutefois le FM 31-73 n’est pas à proprement parler un manuel de formation, il se rapporte en effet prioritairement aux Stability Operations mais aborde les questions de formation dans cet environnement dans le chapitre 4 plutôt que de se cantonner à la simple contre-insurrection comme la version de 1965 du même FM. En outre de nombreux handbooks sont édités par les forces américaines, principalement pour le CORDS

. Il est toutefois important de noter que les questions de formation abordées dans le FM 31-73 ne couvrent que 22 pages sur un manuel de plus de 300 pages, soit moins de 10%.

À partir de 1968, une école de formation des formateurs a également été ouverte au Vietnam à Di An pour les officiers. Sur les 125
heures de formation prévue, 37 étaient consacrées à la langue. Toutefois,la barrière linguistique et culturelle demeure malgré ’entrainement des formateurs, les Américains et les Vietnamiens regardent souvent leur vis-à-vis comme un inférieur incapable de les comprendre et il est intéressant de noter que les critiques des uns sont le miroir exact de celles des autres comme le montre le rapport de 1965 de la RAND.

En Corée, comme au Vietnam, l’armée américaine étant pleinement engagée comme belligérant, le statut des formateurs au regard
du droit des conflits ne pose pas de problème. Ces derniers restent sous la totale autorité de l’armée américaine et ne sont à aucun moment
considérés comme faisant partie de l’armée commandée.

Le cas vietnamien est plus problématique puisque l’ARVN n’est pas placée sous le commandement de l’US Army. Ainsi, il est important de
noter que les formateurs américains restent durant tout le conflit écartelés entre leur commandement nominal (MAAG-V puis MACV) et le
commandement de l’ARVN auquel répond leur vis-à-vis.
La situation particulière en termes militaires que représente la guerre du Vietnam a aussi eu un impact sur le statut des formateurs
américains et l’efficacité de leur enseignement. Ainsi avant l’engagement des États-Unis officiellement dans le conflit en 1965, les formateurs
américains sont toujours soumis aux accords conclus avec la République du Sud-Vietnam en 1955. Les militaires américains - qui sont censés accompagner leur vis-à-vis dans ses missions - ne peuvent ainsi pas prendre part à des opérations de combat ou même à des opérations se déroulant à proximité de la frontière nord du pays. L’enseignement procuré aux troupes vietnamiennes, quel qu’ait pu être sa qualité, reste ainsi avant tout théorique et les vis-à-vis sont livrés à eux-mêmes dans les situations où les conseils des formateurs auraient été les plus utiles.

Le changement majeur intervient en 1965 avec l’entrée en guerre des États-Unis. À partir de cette date, les formateurs américains se
trouvent en mesure d’accompagner leur vis-à-vis dans toutes ses missions.
Toutefois il est important de noter que l’entrée en guerre américaine coïncide avec la baisse qualitative des missions de l’ARVN, cette dernière se retrouvant cantonnée aux missions d’appui ou de contre-insurrection sur les arrières de l’US Army. Ainsi, les formateurs américains ne sont plus aussi utiles qu’ils auraient pu l’être dans la première phase de la guerre et se retrouvent le plus souvent cantonnés à la coordination des moyens de soutien de l’ARVN (artillerie, appui aérien, communications interarmées…).

La belligérance, ou plutôt la non-belligérance, des forces américaines constitue ainsi un frein supplémentaire à l’efficacité des
missions de formation de l’armée sud-vietnamienne. La limitation de l’intervention des instructeurs lors de la première phase a certainement
été préjudiciable à leur mission tant sur le fond que sur la forme. Ainsi, elle a limité leur apport d’expérience dans les situations de combat mais elle a aussi certainement contribué à limiter leur intérêt par leur vis-à-vis qui était de toute façon conscient qu’il serait livré à lui-même au moment critique.

Au Vietnam, avant l’intervention des États-Unis dans le conflit, le travail d’instructeur des troupes vietnamiennes n’était pas particulièrement recherché, ce qui explique en partie les difficultés pour trouver du personnel pour ces missions. Le travail de conseiller-formateur n’étant pas une priorité dans l’US Army, les officiers sélectionnés étaient plus des généralistes que des spécialistes alors même que le besoin se
portait plutôt sur la technicité (coordination d’appui, transmissions, etc.).
Toutefois, à partir de 1964 et de l’explosion du besoin en formateurs, les standards de qualité et de grade du personnel militaire américain affecté à cette tâche sont abaissés. De même, à partir de l’implication directe des États-Unis dans le conflit, les meilleurs officiers restent au sein de l’US Army pour des missions de combat. Les affectations dans les équipes de conseillers-formateurs de province/district sont encore moins demandées puisqu’encore plus éloignées des opérations offensives.


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La durée de service comme conseiller-formateur au Vietnam était ainsi de 12 mois ce qui représente une grande avancée par rapport à la
Corée. Néanmoins, la mission de 12 mois se résume le plus souvent à 6 mois en unité et 6 mois dans un état-major ou une autre unité ce qui limite nécessairement le transfert de connaissance et la connaissance réciproque entre le formateur et son vis-à-vis. Différentes mesures sont mises en place pour inciter les officiers américains à participer à ces missions (logement,promotion, prise en charge de la famille) mais les 2/3 des militaires sollicités refusent.

. Savoir-faire transmis:

l’étude RAND de 1965 pointe l’influence française comme l’une des raisons de l’incompréhension doctrinale entre formateurs et formés
. Ainsi l’ARVN étant l’héritière de l’ANV, formée selon les souhaits de De Lattre, les officiers vietnamiens auraient eu du
mal à intégrer une doctrine différente de celle de leur formation initiale.
L’ARVN avait développé une doctrine propre issue des canons français avec toutefois certaines particularités notamment au niveau de la discipline des officiers dans un régime relativement paranoïaque vis-à-vis de la position
de l’armée au sein de la société.

La transmission de la doctrine américaine, toujours la même que celle utilisée en Corée, s’est ainsi heurtée à une barrière non-seulement
culturelle mais aussi aux habitudes militaires vietnamiennes. Les officiers vietnamiens ont également reproché aux formateurs américains la nonprise en compte de leur expérience et de leur avis quant aux questions doctrinales. Cet aspect est à mettre en relation également avec la décorrélation du grade formateur-formé. En effet les capitaines ou majors de l’US Army ne se trouvaient pas à des niveaux de hiérarchie et même de connaissance suffisants pour entrer en profondeur dans les questions d’adaptation de doctrine. L’eussent-ils fait qu’ils se seraient heurté à un autre problème, celui de la courte durée des séjours de formation qui empêchaient virtuellement toute adaptation locale dans la durée.

Les savoir-faire transmis à l’ARVN ont évolué tout au long du conflit avec un point de bascule constitué par une implication accrue des
États-Unis en 1965. Avant 1961, la formation se concentre avant tout sur la remise en état de combattre de l’ARVN avec un focus particulier sur l’entrainement et le travail d’état-major au niveau de la division et du régiment. Ces savoir-faire, semblables à ceux transmis à l’armée sudcoréenne, vont toutefois évoluer au cours de la guerre pour descendre dans les niveaux de plus en plus tactiques avec l’envoi d’équipes de formation au niveau bataillon/compagnie.

La formation vise au départ à créer une armée vietnamienne qui soit une réplique de l’armée américaine avec les mêmes caractéristiques
interarmées (armée de terre, marine, armée de l’air, marines, forces spéciales). Dans ce cadre les savoir-faire transmis se calquent sur ceux des différentes composantes dans le cadre d’un conflit traditionnel de type guerre froide. En effet, la formation de l’ARVN est envisagée sur le même modèle que celle de l’armée sud-coréenne avec quelques développements supplémentaires (marines, forces spéciales). Ainsi au début de la formation de l’armée sud-vietnamienne (1961-1965) aucune spécialisation ou transfert de savoir-faire dans les domaines de la guerre irrégulière ou de la contre-insurrection n’est envisagé.

L’évolution du rôle de l’ARVN suite à l’entrée en guerre des ÉtatsUnis oblige les forces armées américaines à compléter le panel de savoirfaire transmis aux Sud-vietnamiens. Si aucun effort particulier n’est apporté dans les spécialités d’état-major, le programme de formation,grâce au soutien des forces spéciales, s’étend plus vers la contreinsurrection pour répondre aux nouvelles missions de sécurisation et de pacification de l’ARVN à partir de 1965. De même, à partir de 1965-1967, l’effort de formation des États-Unis se porte de moins en moins sur l’ARVN et de plus en plus sur les structures provinciales existantes ou créées - les Forces Régionales (FR) et Forces Populaires (FP) - dans une optique de contre-ingérence face au Vietminh. Alors que la formation de l’ARVN ne connait pas d’évolution notable, celle des FR/FP est sans cesse adaptée,notamment par la création de 357 Mobile Advisory Teams (MAT) de 5
formateurs en 1967, augmentées à 487 en 1970.


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Résultats et efficacité:

Aucun travail n’a véritablement été entrepris au Vietnam dans le domaine de la formation politique des formateurs américains, aussi ces
derniers ont le plus souvent eu des problèmes d’interprétation des traditions militaires, sociales et politiques de l’ARVN causant parfois des
frictions entre formateurs et formés.

Avant 1960, l’ARVN place la confiance politique de ses officiers au dessus de leur capacité militaire. Le régime sud-vietnamien (mal assuré dès son instauration) vit sous la terreur du coup d’état militaire et de la trahison de ses troupes au profit du Nord. Le commandement dans l’ARVN est ainsi très divisé comme le sont les responsabilités pour éviter de concentrer trop de pouvoirs dans les mêmes mains. Ce système qui diffère totalement du système américain a été une grande source d’incompréhensions entre les deux alliés. Les valeurs du système militaire américain reposant sur la loyauté, la confiance, l’autonomie et la responsabilisation des hommes tout au long de la chaîne de commandement se sont ainsi heurtées à leur exact contraire. La complexité des relations au sein du système politico-militaire vietnamien a souvent été un frein à un plus grand amalgame des formateurs américains,incapables de comprendre le système dans lequel ils évoluaient.

De même, les styles de commandement s’opposent entre US Army et ARVN. Là où les officiers américains ont une préférence pour un
commandement direct, les Vietnamiens préfèrent le style indirect. De même, comme en Corée, l’incompréhension des codes sociaux asiatiques a limité la portée des savoirs transmis. Les officiers américains sont aussi considérés par leurs homologues vietnamiens comme manquant de flexibilité intellectuelle et doctrinale, ne sachant réagir que « d’après le manuel » alors même que le terrain et la situation requerraient une grande adaptabilité tant militaire que culturelle.

De même, si malgré les efforts entrepris en ce sens la formation linguistique des militaires américains ne leur a pas permis de communiquer
pleinement avec leur homologue, la formation à la langue anglaise des officiers vietnamiens a eu le même défaut et la même conséquence.
L’entrainement culturel des officiers de l’ARVN ne leur donnait que très rarement un niveau de compréhension de l’anglais suffisant pour profiter pleinement du transfert de connaissance. Il en résulte comme en Corée un passage obligatoire par des interprètes qui entraine nécessairement une déperdition de la connaissance transmise.

Contrairement à l’armée coréenne qui pris petit à petit de l’ampleur dans ses missions pour combattre avec puis suppléer les forces
américaines, l’armée vietnamienne est restée cantonnée aux missions de soutien opérationnel des unités américaines chargées du gros de l’effort militaire.
Il n’y a pas eu d’actions militaires combinées américanovietnamiennes. L’absence d’un commandement unifié de théâtre comme ce fut le cas en Corée n’a pas permis à l’ARVN de monter en qualité au cours de la guerre. Cette dernière a plutôt constitué une force d’appui
pour un régime mal assuré qu’une vraie force de combat efficace.
De même le travail des formateurs, à cause de la dichotomie de commandement US-ARVN, obligeait ces derniers à consacrer une grande
partie de leur temps en travail administratif pur. Cette obligation a souvent été pointée comme l’une des causes principales de leur manque
d’efficacité relatif dans leur mission de formation.


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Le Vietnam, s’il représente le principal effort de formation de l’histoire de l’armée américaine, représente aussi un échec majeur au plan
politique. L’avis des protagonistes de cette opération de formation du côté vietnamien reflète bien le sentiment de l’échec politique. Ainsi Nguyen Cao Ky considère la formation des forces sud-vietnamiennes comme étant avant tout une opération de communication à destination de la population américaine et uniquement motivée par des questions de politique intérieure américaine.

L’inadéquation entre l’investissement dans la formation de l’ARVN et son emploi a créé une grande frustration chez les officiers vietnamiens
formés. L’ARVN a ainsi perpétuellement servi de simple outil pour les forces américaines comme le montre son emploi au cours des trois phases de la guerre. Tout d’abord, entre 1955 et 1965, la formation prend la suite de ce qu’avaient fait les Français à la fin de la guerre d’Indochine. L’ARVN est à ce moment la seule force de combat impliquée contre le NordVietnam et ainsi elle se trouve au cœur des actions de première ligne.
Malgré le fait que les instructeurs américains ne puissent l’accompagner dans certaines de ses missions , sa montée en puissance apacitaire et qualitative s’apparente alors à l’expérience coréenne. Au moment où l’ARVN devient véritablement opérationnelle, l’intervention directe des États-Unis et la relégation de l’ARVN à des fonctions de sécurité pour lesquelles elle n’est pas formée, lui fait perdre le bénéfice de sa formation antérieure. En effet entre 1965 et 1971, l’ARVN devient une force de contre-insurrection en contradiction avec sa formation initiale

. Cette mise à l’écart opérationnelle aboutit à une perte importante de capacités et d’expérience qui se révèle dramatique lors de la dernière phase du conflit. Ainsi à partir de 1971 et du retrait progressif américain, l’ARVN doit à nouveau assumer l’effort militaire principal contre les forces du NordVietnam alors même qu’elle se trouve moins efficace militairement que dix ans auparavant, la quantité ne faisant pas tout.

De même l’inadaptation des cursus et des méthodes de formation à la guerre insurrectionnelle - à l’exception du programme CORDS - a
empêché le développement d’une approche purement vietnamienne de la contre-insurrection. Ainsi le simple portage des doctrines et méthodes de l’US Army, suivant l’expérience coréenne, ne s’est pas, cette fois, révélé adéquat à la situation.
De même au plan politique, l’incompréhension entre les militaires américains, projetant leur système de valeurs de relations politicomilitaires sur leur vis-à-vis, et le système politico-militaire vietnamien a entrainé de nombreuses erreurs de formation et un ressentiment des deux côtés. Contrairement à la Corée, l’ARVN n’était pas vue comme garante de l’indépendance et de l’identité de l’État. Au contraire elle représentait même dans l’imaginaire des décideurs politiques vietnamiens un potentiel facteur d’instabilité et devait être - au même titre que son homologue du Nord - contrôlée au point de vue politique.


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L'Armée de la République du Viêt Nam (ARVN) était la force armée de la République du Viêt Nam, créée le 26 octobre 1956 par la réorganisation de l'Armée nationale vietnamienne. Elle est dissoute lors de la fin de la guerre du Viêt Nam en 1975.

L'ARVN fut engagée aux côtés des États-Unis contre les Nord-Vietnamiens et le Viet Cong de 1959 à 1973.
le désengagement américain au début des années 1970 provoque une gigantesque inflation au Sud-Viêtnam : les soldats ont du mal à entretenir leurs familles. Combiné au moral en berne, cette situation provoque une augmentation des désertions : 140 000 en 1971.
Les Accords de paix de Paris, signés le 21 janvier 1973, mettent temporairement fin à la guerre du Viêt Nam. Cependant, elle reprend fin 1974 lorsque le Nord-Viêt Nam lance une vaste offensive surprise contre le Sud ayant pour nom de code la « campagne Hô-Chi-Minh », en violation avec l'armistice signé précédemment. L'ARVN est alors dépourvue de toute aide militaire américaine, bien qu'elle continue à recevoir tout de même de la logistique.


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Bien que les soldats sud-vietnamiens se battent comme ils peuvent (preuve lors de la bataille de Xuan Loc du 9 avril 1975 au 21 avril 1975), l'offensive communiste ne peut pas être contenue et les unités nord-vietnamiennes s'emparent de Saigon, la capitale du Sud-Viêt Nam, le 30 avril 1975. L'ARVN cesse donc officiellement d'exister. De nombreux soldats de l'ARVN, notamment des pilotes, partent en exil vers les États-Unis tandis que le reste des troupes au sol se rendent aux unités de l'Armée populaire vietnamienne, et seront envoyés pour beaucoup dans des camps de travaux forcés et de rééducation. Le matériel saisi est alors transféré dans l'Armée populaire vietnamienne, qui deviendra la seule et unique armée du Viêt Nam unifié suite à la réunification du pays, déclarée le 2 juillet 1976.

L'ARVN disposait de plusieurs branches, à savoir :
Une armée de terre
Une armée de l'air
Une marine de guerre
Un corps de Marines

L'ARVN était à sa constitution en 1954/1955 d'un total de 279 200 hommes dont 177 200 soldats réguliers et 102 000 territoriaux. Ses effectifs s'accrurent après le déclenchement du conflit et en 1955 elle disposait de 514 000 hommes (250 000 réguliers et 264 000 territoriaux).
En 1971/1972, elle atteignit son maximum avec 1 048 000 militaires dont 410 000 dans l'armée de terre, 50 000 dans l'armée de l'air, 14 000 dans l'infanterie de marine, 42 000 dans la marine, 284 000 dans les forces régionales et 284 000 dans les forces populaires. Elle avait à cette date environ 500 avions, 500 hélicoptères et 1 680 navires de guerre - l'immense majorité étant des vedettes fluviales -, principalement fournis par l'armée américaine, suite en autre du retrait de ses forces du pays qui lui avait transféré une partie de son matériel.
Elle disposait en 1974 d'un millier d'avions de combat et 900 hélicoptères1. Ses forces étaient alors réparties dans 11 divisions d'infanterie et dans 1 division aéroportée ainsi que dans 4 corps d'armée différents pour les fantassins.
Le commandant en chef de l'ARVN était Nguyen Khanh, qui était également un ambassadeur et le premier ministre du Sud-Viêt Nam.


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